Notre histoire
Nous fabriquons des machines à voyager dans le temps
Tout part d'une question que chacun se pose en arrivant quelque part : à quoi ressemblait ce lieu, avant ? Depuis dix ans, nous y répondons en mettant la réalité virtuelle à la portée du passant : permettre à chacun d'être témoin de l'Histoire, exactement là où elle s'est passée. Des passerelles entre le présent et le passé, ouvertes en pleine rue. Voici comment tout a commencé.
Pompéi, l'étincelle
L'idée naît au retour d'un voyage à Pompéi. Adrien Sadaka et Basile Segalen, deux amis passionnés d'Histoire, rentrent frustrés : sur place, impossible de se figurer la ville avant l'éruption du Vésuve.
« Ne pas voir l'Histoire, c'est ce qui nous frustre quand on veut connaître le passé d'une ville. »
L'intuition ne les lâche plus : si l'on pouvait voir, à l'endroit même où l'on se tient, ce que ce lieu a vécu ? En 2015, ils fondent Timescope pour en faire une réalité.
Un manche à balai, un pied de parasol et un casque
La première « machine à voyager dans le temps » de Timescope ne payait pas de mine : un casque de développeur Oculus DK2, acheté d'occasion, fixé sur un manche à balai planté dans un pied de parasol. Posé en pleine place de la Bastille, l'engin fait s'arrêter les passants. Ils essaient, sourient, appellent leurs amis : il y a la queue.
La vision tenait debout, au sens propre. Restait à inventer la machine.
Inventer une machine qui n'existait pas
Aucun dispositif au monde ne permettait alors de proposer de la réalité virtuelle en libre-service, dehors, jour et nuit, par tous les temps. Il a fallu tout concevoir. Incubée chez Agoranov, l'équipe passe ses journées dans les ateliers parisiens d'Usine IO : prototype après prototype, la borne Timescope prend forme, dessinée par le designer Pierre Charrié. Un binoculaire orientable à 360°, un caisson qui résiste aux intempéries et au vandalisme, une accessibilité pensée pour tous, un fonctionnement autonome 24h/24.
La première borne de réalité virtuelle en libre-service au monde est née. « Une machine à voyager dans le temps bientôt à Paris », annonce Le Figaro dès janvier 2016. En mars, elle est installée place de la Bastille, avec l'autorisation de la Mairie de Paris.
Ce que voyaient les passants
La Bastille, deux époques au choix : 1416 ou 1789
Dès la première borne, la règle qui ne changera jamais : chaque image est validée par un historien. Les reconstitutions de la Bastille sont établies avec Héloïse Bocher, autrice de Démolir la Bastille (Vendémiaire, 2012). Deux époques pour 2 €, et la démonstration 360° de l'époque est toujours en ligne.
MirageLab, l'autre moitié de l'histoire
Au même moment, Victor de Kiss et Léo Laparra fondent MirageLab, un studio 3D bâti sur trois piliers : les sources, le réalisme, le storytelling. Victor vient des effets spéciaux du cinéma (Le Petit Prince, Wonder Woman, Pirates des Caraïbes, Alien) ; Léo, directeur artistique, de sept années dans les studios créatifs parisiens.
Dès la première reconstitution, toutes les créations Timescope sortent de leur atelier. Deux structures sur le papier ; dans les faits, une seule équipe.
La borne essaime, les grands lieux ouvrent leurs portes
Jusqu'à quarante bornes fonctionnent en parallèle, certaines utilisées 800 fois par semaine. En 2019, le Centre des Monuments Nationaux inaugure nos reconstitutions au sommet de l'Arc de Triomphe ; la Présidence de la République nous ouvre le palais de l'Élysée ; le musée d'Orsay, Chambord et Versailles suivent. Avec Magnicity, nos voyages dans le temps s'installent au sommet des tours d'observation de Montparnasse, Berlin, Rotterdam et Chicago. Et sur les lieux de mémoire du Nord, une borne fait plus que raconter : au Monument des Fraternisations de Neuville-Saint-Vaast, la fréquentation est multipliée par 3,5. En septembre 2022, l'équipe présente ses créations au palais de l'Élysée, autour du président de la République, lors des Journées européennes du patrimoine.
Quatre associés, une seule maison
L'évidence devient une structure : Timescope intègre MirageLab, et Victor et Léo deviennent associés. Eléonore Létang-Dejoux, directrice de production, rejoint bientôt le cercle et en devient un pilier. Depuis la Bastille, cette aventure n'a jamais été l'affaire de deux fondateurs : c'est une vision commune, construite ensemble, année après année.
Victor nous a tragiquement quittés en 2024. Nous pensons à lui tous les jours, et cherchons à nous montrer dignes de sa créativité, de son enthousiasme et de tout ce qu'il nous a apporté au fil du temps.
La ville entière devient le terrain de jeu
Le 25 juin 2025, Les Origines de Paris ouvre sur les berges de Seine : un parcours guidé à ciel ouvert, où les Jumelles temporelles font surgir 2 000 ans d'Histoire tout au long du chemin. Le 17 avril 2026, Le Symbole de Paris lui répond au pied de la Tour Eiffel.
Ce n'est pas un virage : c'est la même vision qu'à la Bastille, portée à l'échelle de la ville. La borne montrait le passé d'un carrefour ; nos parcours le font revivre pas à pas, en petit groupe, là où chaque scène s'est réellement déroulée. Et tout ce que vous y voyez reste validé par notre comité scientifique, fidèle à la méthode née avec Héloïse Bocher devant la Bastille.
L'Histoire, vécue pour de vrai
Du manche à balai de la Bastille aux parcours à ciel ouvert : des milliers de visiteurs remontent aujourd'hui le temps à Paris. La suite s'écrit chapitre après chapitre.
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