Au cœur du Palais : le voyage dans le temps de l'Élysée aux Journées du patrimoine 2026
Si vous lisez ces lignes dans la file d’attente du Palais de l’Élysée, bienvenue : vous êtes au bon endroit. Ce week-end des Journées européennes du patrimoine, les 19 et 20 septembre 2026, la Présidence de la République ouvre ses portes, et Timescope y diffuse pour la deuxième année « Au cœur du Palais », un film immersif qui remonte trois siècles d’intérieurs de l’Élysée. Voici ce qui vous attend dans le casque, et ce qu’il a fallu pour le fabriquer.
« Au cœur du Palais » est un film à 360 degrés, en images de synthèse reconstituées d’après les archives, qui traverse six espaces de l’Élysée à l’époque qui les a façonnés : le vestibule ouvert sur les jardins de 1722, le boudoir de Caroline Murat en 1807, le jardin d’hiver et la salle des fêtes vers 1890, le fumoir imaginé par Pierre Paulin en 1972, puis le salon doré d’aujourd’hui. Il se vit dans les casques de réalité virtuelle côté jardin, dans les quatre bornes de la cour d’honneur, ou sur votre téléphone via elyseevr360.fr, sans attendre.
Ce que vous allez voir
Le film part d’une idée simple : au premier regard, l’Élysée ressemble à un hôtel particulier du XVIIIᵉ siècle, cour, jardin, frontons, boiseries. En réalité, c’est un palimpseste. Chacun de ses occupants y a laissé le goût de son époque, et ce sont ces strates que le film remonte, salle après salle.
Tout commence par une captation réelle de la cour d’honneur et du vestibule, avant que l’image ne bascule en 3D pour rouvrir, au centre, la perspective sur les jardins à la française de 1722, telle que l’avait voulue l’architecte de l’hôtel d’Évreux.

Le salon d’argent vers 1808, dans les tons d’origine du boudoir créé pour Caroline Murat, avant le lilas qu’on lui connaît aujourd’hui.
Vient le salon d’argent, créé en 1807 pour Caroline Murat, sœur de l’empereur : cols de cygne, dossiers en lyre, frises néoclassiques, le mobilier d’origine est toujours en place, chose rare à l’Élysée. Le film le montre dans son décor premier, et rappelle que c’est dans cette pièce que Napoléon signa sa seconde abdication, le 22 juin 1815.

La salle des fêtes vers 1890 : une salle de 600 mètres carrés pour recevoir l’Europe des monarchies dans une République.
Puis la Belle Époque. Le jardin d’hiver, serre voulue par Jules Grévy en 1881, redevient la jungle de plantes exotiques qu’il fut à la fin du XIXᵉ siècle. Et la salle des fêtes, inaugurée par Sadi Carnot le 10 mai 1889, l’année de la tour Eiffel et de l’Exposition universelle, s’anime d’une réception d’époque sous ses stucs à la gloire des sciences et des arts.

Le fumoir Paulin, 1972 : un décor rétro-futuriste entièrement démonté depuis, que seule la reconstitution permet de revoir.
Saut dans les années 1970 : les Pompidou commandent à Pierre Paulin plusieurs pièces, et l’alcôve de la bibliothèque devient un fumoir aux courbes organiques. Il n’en reste rien aujourd’hui, Paulin ayant conçu une armature entièrement réversible ; le film est le seul moyen de s’y asseoir à nouveau. Le parcours se termine dans le présent, au salon doré, bureau des présidents de la Vᵉ République depuis Charles de Gaulle : le mobilier change, les présidences se succèdent, le fil de l’histoire ne se rompt pas.
Les coulisses : reconstituer un salon dont il ne reste rien
Une image de synthèse convaincante se fabrique en quelques semaines. Une image exacte demande des mois d’archives. Pour « Au cœur du Palais », huit mois de travail, en coproduction avec les équipes du patrimoine de l’Élysée, ont commencé par une question par salle : de quoi dispose-t-on ?
Pour le salon d’argent, une aquarelle d’Hippolyte Le Bas, vers 1810, montre le boudoir du temps des Murat et a fixé la teinte d’origine. Pour le jardin d’hiver et la salle des fêtes, les photographies de l’album Guérinet, à la fin du XIXᵉ siècle, ont servi de référence principale. Pour le fumoir Paulin, disparu sans laisser de trace, il a fallu remonter aux références du designer lui-même.
Et puis il y a les salles qu’on a renoncé à reconstituer. Le salon Pompadour au temps de la marquise, le salon doré à l’époque où il était la chambre de l’impératrice Eugénie : aucune référence d’époque ne permet de les restituer rigoureusement, donc le film ne les montre pas. C’est la règle que nous appliquons partout, et que nous détaillons dans notre décryptage sur le patrimoine disparu : on reconstitue ce que les sources permettent, et on assume ce qu’on ignore. Une fois les modèles 3D validés, le tournage à 360 degrés dans le palais réel a fourni les images qui ouvrent et ferment le film, et les transitions qui font glisser le visiteur du réel vers la reconstitution.
Comment en profiter ce week-end

Dans la cour d’honneur, quatre bornes Timescope en libre-service diffusent les trois films de la série.
Trois façons de voir le film, selon votre patience :
- Sous la tente côté jardin, dans un casque de réalité virtuelle, avec notre équipe pour vous installer. C’est la version la plus immersive, et celle pour laquelle on fait la queue.
- Dans la cour d’honneur, en fin de visite, sur les quatre bornes Timescope en libre-service, qui proposent aussi les deux films précédents de la série : « Aux origines de l’Élysée », le palais à son achèvement en 1722, et « L’Élysée à travers les siècles », ses métamorphoses architecturales.
- Sur votre téléphone, tout de suite, via la web app elyseevr360.fr, en faisant pivoter l’écran autour de vous.
Et après l’Élysée ? Le même voyage, sur les berges de la Seine
Si le principe vous a plu, sachez qu’il ne s’arrête pas aux grilles du palais. Toute l’année, Les Origines de Paris applique la même méthode, sources d’abord et validation par un comité scientifique, à la ville elle-même : une promenade guidée d’une heure sur les quais, où nos Jumelles de réalité virtuelle font resurgir Lutèce, le Paris médiéval ou la crue de 1910 exactement là où ils se sont déroulés. Accessible dès 8 ans, en français, anglais et espagnol, et sans file d’attente présidentielle.
Les questions qu’on nous pose dans la file
Peut-on voir le film sans venir à l’Élysée ? Oui : la web app elyseevr360.fr fonctionne sur n’importe quel smartphone, sur place ou de chez vous, avec les trois films de la série.
Tout est-il vraiment reconstitué d’après des archives ? Oui. Les intérieurs sont entièrement en images de synthèse, modélisés d’après plans, photographies, aquarelles et inventaires, en coproduction avec le service du patrimoine de l’Élysée. Seules les images qui ouvrent et ferment le film sont des captations réelles.
Le film est-il le même qu’en 2025 ? Oui, « Au cœur du Palais » a été créé pour les Journées du patrimoine 2025 et il est rediffusé cette année, aux côtés des deux films précédents.
En bref
« Au cœur du Palais » remonte trois siècles d’intérieurs de l’Élysée en six espaces, du vestibule de 1722 au bureau présidentiel d’aujourd’hui, en passant par le boudoir de Caroline Murat, le jardin d’hiver, la salle des fêtes de 1889 et le fumoir disparu de Pierre Paulin. Tout est reconstitué d’après les archives, rien n’est inventé, et ce qui n’est pas documenté n’est pas montré. À voir ce week-end dans les casques, les bornes ou sur votre téléphone. Et pour prolonger le voyage, les berges de la Seine vous attendent.